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Hébron, le petit hébreu devenu 'ville palestinienne'


Les massacres de 1929 à Hébron
Lire la presse française pour s'informer sur Israël et le pays des Hébreux est un peu comme demander à un lycéen d'assurer le cours. Le tout est bourré d'erreurs, d'imprécisions et d'incompréhension, de vocabulaire biaisé et de termes propagandistes. Le pire sans doute, c'est que leurs auteurs refusent le plus souvent de reconnaître et de corriger leurs erreurs.

Petit exemple avec un article de Cyrille Louis, correspondant en Israël du journal Le Figaro, publié dans l'édition du 15 février.


On pourrait écrire plusieurs pages rien que sur le titre. Limitons-nous.
Remarquons avant tout le fait que l'auteur écrit "Israël : de Hébron à Amona" ... laissant entendre que ces villes et villages sont bien en Israël. En apparence sur ce point, on pourrait presque dire bravo, enfin ! C'est déjà ça! La plupart des rédactions auraient en effet écrit bêtement "Cisjordanie"...
Quelqu'un va-t-il se faire taper sur les doigts pour cela? Probablement pas. Il faut lire la suite de l'article - et avant cela avoir un peu l'habitude - pour comprendre que l'auteur et l'éditeur du titre cherchaient simplement par là à désigner les implantations israéliennes en zone C des accords d'Oslo. Les désigner pour bien entendu les dénoncer. Aucun 'bravo' à leur lancer donc. Rien de nouveau de ce côté-là.

On sourit en revanche en lisant le terme de "peuple des Collines". On comprend que l'auteur veut ainsi désigner ceux qui vivent sur les collines de Judée et de Samarie, ceux que la presse appelle les "colons". Il fait sans doute également un usage large du terme en référence au mouvement de la "Jeunesse des Collines" qui se désigne ainsi. Mais le fait de parler de "peuple des collines" a ceci de plaisant - et l'auteur l'ignore sans doute - que c'est un peu comme s'il écrivait "l'irrésistible ascension" des Hébreux.
Il faut lire notre Petite histoire des Hébreux pour s'en convaincre. Car d’un point de vue étymologique, le terme ‘’Hébreux’’ signifie à l'origine « passeurs de cols » (et non « ceux qui passent le fleuve » comme l’a prétendu l’exégèse talmudique). Cette appellation géographique était spécifique aux habitants des régions montagneuses de cette contrée. Aussi les Hébreux étaient alors les passeurs de cols, soit en termes plus généraux, moins scientifiques, le "peuple des collines" ou les "collineux". Cyrille Louis qui entendait décrire l'ascension de ceux qu'il appelle les "colons" décrit en fait ce qu'il considère l'ascension de ceux qui géographiquement sont assimilables aux premiers Hébreux, 'les plus Hébreux des Hébreux' comme l'écrivait Adyah Horon en son temps. Cyrille Louis serait-il un ami caché du Mouvement hébreu de libération ?
Permettons-nous d'en douter.

Car s'il l'était, il aurait pris garde à ne pas désigner Hébron comme une "ville palestinienne" dès le début de son texte où il écrit : "dans cette ville palestinienne où s'élève le Caveau des Patriarches."
Cyrille Louis connaît-il l'hébreu pour affirmer une telle absurdité ? Ou bien se réfugie-t-il derrière les positions idiotes, honteuses et tellement politiques de la "communauté internationale" (c'est-à-dire l'opinion publique à l'ONU et dans les chancelleries), au mépris de l'histoire ? 

Car il ne faut pas être sorti de Saint Cyr pour comprendre que le mot Hébron est lié aux Hébreux.

Hébron et Hébreu, c'est à peu près le même mot. Cela s'entend et se lit, même en français !

Et en hébreu aussi bien évidemment.

Sur le plan étymologique en effet, "Hébron" ne vient pas de la racine HBR, comme on pourrait le penser, mais de 'ABR ou 'APR, ce qui est la même chose, car 'Ebron et 'Ephron sont deux variantes de prononciation de la même racine. 
Selon la Genèse, la personne qui a vendu à Abraham "la grotte du déplissement" ou "grotte de dédoublement" (appelée en français "Caveau des patriarches) s'appelle justement Ephron. 
Lors de la rédaction de ce passage de la Genèse, et à cause de la déformation de la prononciation égyptienne puis babylonienne "Hebron" au lieu de 'Ebron, (dans ces deux langues les prononciation du 'ayn ע  et du het  ח ont tendance à s'intervertir), il y a eu une sorte de glissement sémantique en hébreu de 'Ebron en Hebron, puisque les deux formes ont une signification ('Ebron =le petit passeur de col, et Hebron = le petit compagnon).
N'oublions pas que Hébron est le sommet le plus élevé de toute la Judée !

On aurait peine en revanche à trouver un lien entre Hébron et "palestinien".
Dans son article, l'auteur évoque l'établissement d'Israéliens à Hébron dès 1968, quelques mois après la guerre des Six jours, se gardant bien par la même occasion de rappeler les massacres racistes arabistes contre la population juive ou hébréophone en 1929, plus de 60 morts et 60 blessés, qui finit par vider la ville de ses habitants judaïques et hébréophones, après des millénaires de présence autochtone. Le lecteur catéchumène ne trouvera pas non plus rappel de l'occupation jordanienne de la ville entre 1948 et 1967. Si bien qu'on aura du mal à comprendre au nom de quoi l'auteur peut qualifier la ville de "palestinienne". Même en laissant de côté l'absurdité de ce mot (voir l'article de David Belhassen Pour en finir avec l'usage du terme 'Palestine'), y compris après 1964 - création de l'OLP -, après 1967 - guerre des Six jours - et jusqu'aujourd'hui, à quel moment la ville a-t-elle été sous une autorité appelée "palestinienne" ? C'est-à-dire sous autorité de l'entité d'escrocs suppôts du terrorisme appelée "Autorité palestinienne" ? En vérité, pas avant les accords d'Oslo de 1993-1994 et les protocoles d'Hébron de 1997 qui confient une partie de la ville à cette entité. L'une des plus graves erreurs historiques d'Israël soit dit en passant - dont nous payons encore les conséquences.

Aussi, on ne voit pas, sous aucun biais que ce soit, comment on peut affirmer qu'en 1968 les Israéliens qui s'y rétablissaient, s'implantaient dans une "ville palestinienne". Sauf à être - intellectuellement, consciemment ou inconsciemment - au service de l'idéologie arabiste palestiniste.

Pour nous ôter de tout doute - si on en avait - la prochaine fois M. Cyrille Louis, écrivez aussi "Caveau des patriarches palestiniens". Comme ça la supercherie aura le mérite d'être plus claire.

Méïr Ronen et David Belhassen - 15 février 2017

N.B. : On rappellera également au correspondant du Figaro que d'autre part Qiryat arba' et non "Kyriat arba" comme il l'écrit plus loin dans l'article, et qui signifie "Cité des Quatre", n'est pas une "nouvelle colonie", mais un autre nom hébreu très ancien (plus de 3000 ans !)  de Hébron !

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