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Quel avenir pour la Syrie ? Par Michaël Bar Zvi

Chronique du 1er mars 2018

Boker tov amis auditeurs de Radio J. La publication par la chaîne d’information américaine Fox News de photos aériennes d’une base de l’armée iranienne dans la banlieue nord-ouest de Damas à Djabel Al Charky n’est pas le fruit du hasard. Cette chaîne de télévision proche du président Trump entend avertir aussi bien la Russie que l’Iran de la connaissance qu’ont les Etats-Unis et Israël de l’existence de ces bases. Tsahal et l’armée américaine suivent de près l’évolution de l’implantation des forces iraniennes en Syrie et au Liban, et notamment de la nature des armes et munitions entreposés dans ces dépôts. Israël et une partie de l’establishment militaire américain espèrent encore une remise en cause de la levée des sanctions contre l’Iran en apportant la preuve des intentions belliqueuses de Téhéran au Proche-Orient. Trump doit décider avant le mois de mai d’une éventuelle reconduction des sanctions contre la république des mollahs. Poutine, de son côté, s’est engagé à empêcher toute attaque contre le territoire israélien. La publication de clichés, apportant les preuves de l’existence d’un arsenal destinés au « front israélien », le met sans doute dans l’embarras et l’oblige à faire pression sur les alliés pour éviter la reprise des sanctions. Les bombardements sur le quartier de la Ghouta ont démontré une fois de plus que seul Poutine avait le pouvoir d’arrêter Bachar el Assad. Les timides protestations des dirigeants européens ont aussi révélé les limites des Etats de l’Union européenne à jouer un rôle dans les conflits internationaux. Les condamnations multiples par les institutions internaionales ne sont plus, depuis bien longtemps, prises au sérieux par les protagonistes. Rappelons que c’est dans le même fief des rebelles de la Ghouta que Bachar el Assad avait déjà utilisé le gaz sarin en 2013 et qu’une fois encore les rumeurs sur l’utilisation d’armes non conventionnelles se sont répandues il y a quelques jours. Plus de 350.000 personnes sont encerclées dans cette enclave, qui a une importance plus symbolique que stratégique pour Assad et son armée, car c’est ici que se trouve le noyau dur des opposants au régime, même si le pouvoir de Damas comprend que, dans un futur découpage de la Syrie, la présence de ces opposants sur place gênerait considérablement les projets de continuité territoriale de l’alliance sunnite-alaouite. Assad est sans doute prêt à sacrifier encore des centaines, voire des milliers de civils, pour renforcer son butin à la veille d’un plan de partage ou de redistribution des souverainetés dans la région. Tant qu’il bénéficie du soutien direct ou indirect de Poutine, il peut continuer à exécuter ses basses œuvres en toute impunité sans craindre les réactions des trois M européens : Macron, Merkel et May. La coalition sunnite qui se met en place autour de l’Egypte et de l’Arabie saoudite n’a pas aujourd’hui les moyens d’arrêter la machine de guerre syro-iranienne. L’unique menace serait une nouvelle intervention militaire américaine ciblée à caractère dissuasif, mais pour l’instant Trump ne semble pas prêt à réitérer son geste. Il a sans doute des raisons que nous ignorons et qui sont liées à la préparation d’un plan régional à grande échelle. Une intervention ponctuelle risquerait de mettre en danger la future politique de réorganisation du Proche-Orient que concocte l’administration américaine depuis plusieurs mois. Assad et Poutine l’ont compris et profitent au maximum de cette période de réflexion ou d’attente pour avancer leurs pions. La question est de savoir combien de temps Trump peut attendre sans prendre part au conflit syrien, maintenant que le dossier irakien semble en voie de résolution ?  Là aussi il faut bien admettre que Trump reste l’homme politique le plus improbable et le plus imprévisible.

Michaël Bar-Zvi  Yod Daleth   be Adar 5778

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